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11/08/2022 à 17 h 02Enquête considère la pénurie de main-d’œuvre dans la logistique comme un problème interne
L’Europe souffre d’un manque de main-d’œuvre qualifiée et la logistique en est particulièrement affectée. La situation est particulièrement dramatique pour le personnel roulant. Mais quelle en est la cause ? Les erreurs politiques en sont-elles responsables ? Fait-elle suffisamment d’efforts ? Ou le manque de main-d’œuvre qualifiée est-il en réalité auto-induit ? C’est en tout cas ce que pensent 59 % des répondants d’une enquête menée par Loginfo24 sur LinkedIn.
(Basel) Le manque de main-d’œuvre qualifiée est un terme qui préoccupe de plus en plus la logistique. La plus grande inquiétude concerne le recrutement du personnel roulant. Certaines entreprises de transport doivent garer des véhicules dans la cour et refuser des commandes.
La situation est moins dramatique, mais tout aussi difficile pour le recrutement dans les autres secteurs de la logistique. Il y a surtout une pénurie de personnel qualifié dans les entrepôts. Dans ce domaine, les prestataires logistiques, les détaillants, les chaînes de distribution ou les entreprises industrielles se battent tous pour le personnel. La forte augmentation du commerce en ligne a encore accru la demande de travailleurs dans ce secteur, même si le e-commerce a récemment stagné, bien qu’à un niveau élevé.
Il manque également des professionnels dans le domaine commercial ou d’autres secteurs de la logistique et du transport.
Quelle est la cause des postes vacants ?
174 personnes, toutes des professionnels et des cadres de la logistique, ont participé à une enquête de Loginfo24 sur LinkedIn. Parmi elles, 59 % (102 voix) ont estimé que les problèmes étaient auto-induits. La position « Trop peu de formation » va dans le même sens (13 % ou 23 voix).
Les prestataires logistiques ou les départements logistiques dans le commerce et l’industrie doivent donc se poser les questions suivantes :
- Suivons-nous la bonne voie en matière de recrutement ? Épuisons-nous toutes les possibilités, y compris les réseaux sociaux, pour publier des offres d’emploi ?
- Exploite-t-on pleinement le potentiel des employés existants lors du recrutement ? Sous le slogan : « Qui connaît quelqu’un (qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un…) »
- Le cadre correspond-il aux conditions du marché ?
- Attractivité
- Infrastructure
- Climat de travail
- Possibilités de développement
- Formation continue
- Les exigences pour un poste vacant sont-elles trop élevées ?
- Y a-t-il un excès d' »académisation » ?
- Les CV, certificats scolaires et de travail ou documents de candidature sont-ils généralement surévalués ?
- Attirons-nous suffisamment de jeunes talents ou offrons-nous suffisamment de places de formation ?

Les documents de candidature sont-ils surévalués ?
Cependant, 18 % (31 voix) des répondants ont vu le problème du côté de la politique et 10 % (18 voix) ont identifié les circonstances démographiques comme cause.
Que peut vraiment faire la politique pour le manque de main-d’œuvre qualifiée ? Elle peut influencer le cadre dans l’éducation et l’économie. Elle peut faciliter l’accès aux personnes venant de l’étranger. Elle peut également s’assurer que le cadre financier (impôts) et les conditions législatives pour l’économie dans son ensemble sont adéquats, mais au-delà, les possibilités sont assez limitées.
Elle ne peut pas non plus préparer le terrain pour des secteurs spécifiques. En ce qui concerne la démographie, la politique ne peut intervenir que de manière limitée. Le fait que de nombreux travailleurs âgés prennent leur retraite dans les prochaines années et que beaucoup moins de nouveaux entrants arrivent sur le marché du travail est en grande partie inéluctable. Surtout à court terme.
Les participants à l’enquête proviennent principalement d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse. Le problème du manque de main-d’œuvre qualifiée ne concerne pas seulement ces trois pays, mais est également un sujet en Europe et dans le monde entier.
Que peut-on faire pour attirer plus de professionnels qualifiés ?
Les possibilités commencent par la remise en question des points mentionnés ci-dessus. De plus, il est possible de travailler sur sa propre image. L’entreprise est-elle connue dans la région où elle opère (cela vaut également pour les succursales) ? Est-elle perçue comme un employeur ou éventuellement comme un centre de formation ? Le soutien à des événements et des associations locales coûte relativement peu, mais a un grand impact.

Les tables de baby-foot dans les entreprises sont devenues un symbole d’un bon climat de travail. Mais cela suffit-il pour résoudre le manque de main-d’œuvre qualifiée ?
De nombreuses entreprises logistiques participent désormais à des événements de recrutement. C’est tout à fait louable, même pour les petites entreprises. Certaines entreprises sont également actives sur les réseaux sociaux et montrent des scènes de leur quotidien. En particulier Instagram, Tik Tok ou Snapchat, où de nombreux jeunes se retrouvent, devraient, en plus de LinkedIn, XING ou Facebook, être envisagés. Tous trois sont gratuits, mais doivent être régulièrement et correctement « animés ».
De manière générale, les associations professionnelles sont également très actives et déploient des efforts considérables pour rendre le secteur connu et apprécié. En particulier pour l’image de la logistique, des campagnes de sensibilisation sont menées par « Die Wirtschaftsmacher » en Allemagne et par la fédération des associations logistiques « Swiss Supply » en Suisse.
https://die-wirtschaftsmacher.de/berufsprofile
https://swiss-supply.ch/aktivitaeten/swiss-supply-life
Un bon exemple de Belgique
Un bon exemple de la manière de faire face au manque de main-d’œuvre qualifiée vient de Belgique. Là-bas, le prestataire logistique H. Essers a lancé la campagne « Une solution rouge pour tous ». Ils donnent une chance à toutes les personnes qui postulent.
« Nous voulons donner à chacun la chance de travailler », explique Gert Bervoets, PDG de H. Essers, et ajoute : « c’est pourquoi nous faisons plus que simplement rédiger des annonces d’emploi ». Concrètement, le logisticien investit dans la formation et le développement des personnes. Avec l’Académie H. Essers, l’entreprise dispose d’un centre de formation interne avec un large éventail d’offres : de l’obtention du permis de conduire, en passant par des cours de langue pour les migrants, jusqu’à un parcours de développement personnel des talents, qui prépare les employés à leur prochaine étape de carrière. En coopération avec des organismes sociaux et des administrations, l’inclusion est garantie pour offrir aux personnes en situation de handicap la possibilité de mettre en avant leurs talents dans le monde du travail.
Cela a même attiré l’attention du roi belge Philippe, qui a souhaité voir la situation sur place.
Le rapport complet :
https://loginfo24.com/belgischer-koenig-philippe-zu-gast-beim-logistikdienstleister-h-essers/
Le roi belge Philippe (à gauche) et Gert Bervoets, PDG de H. Essers (2e à gauche) en discussion avec des employés d’Essers
La créativité et l’activité peuvent donc effectivement permettre aux entreprises logistiques de résoudre ou du moins d’atténuer le manque de personnel qualifié.
Photos : © Loginfo24/Adobe Stock





